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mercredi 28 avril 2021

Notre chemin en Honduras... Hola Nicaragua !

Honduras : Du 23 au 26 février 2019



On a cueilli :  
Des mangues...

On a aimé : 
Les poteries qui cuisent dans le four à bois, l’ananas en crochet de là grand mère d’Angela, la soirée en famille à discuter en rond au frais du corredor, les larmes d’émotions d’Augustina à notre départ (et ses pains!), les chevaux par dizaines qui attendent devant les boutiques, attachés à une poutre en bois, leurs cavaliers partis faire leurs emplettes,...

On a moins aimé : 
N’en voir qu’un si petit bout, le vent fort de face, ...




Une couleur : 
Terre sienne sèche.

Une odeur :
De la terre sèche et chaude qu’on arrose.

Un goût :
Amer du moringa.

Un son :
Le grincement des balancements du hamac.


Une sensation :
La chaleur écrasante.


Paysages, Faune Flore - Honduras

Nous traversons Honduras en quatre jours... au plus direct !
...
Pierres sèches, végétation « brousse »... les iguanes, fondus dans le décor jouent à cache-cache !

Rencontres et Savoir-Faire - Honduras



Samedi 23 février 2019 - Ramón et famille

Derrière chez Papy Ramón, l’immense four à céramique réchauffe encore un peu une atmosphère déjà étouffante...
Dans l’atelier, les femmes façonnent l’argile, Pierre-Jean gratte les motifs après cuisson, Ramón, lui, veille son four qui chauffe, Maëly Khusi agrippée à son pantalon.
Les céramiques au four semblent battre comme des cœurs blancs au contact du chaud.
Anne-Laure fait grincer les poutres en bois d’où est suspendu le hamac... elle s’imagine dans un «western», attendant « l’action » ou l’inespérée fraîcheur...

Dimanche 24 février 2019, El Laure - Eder, sa femme et Angela

Il fait chaud. Eder nous accueille à l’ombre de son manguier aux fruits encore verts, mais grignotés, suçotés, lentement, avec gourmandise.
Maëly Khusi et Angela dessinent, jouent, coursent poules et dindons, se baignent dans une énormes bassine. Ça rigole !
On nous régale de tostadas frijoles y queso.
Le vent est si chaud.
 


Lundi 25 février 2019 - Mamie Augustina et les trois générations suivantes !

Il fait chaud. Accueillis à bras ouvert par Osvaldo, ses sœurs, leurs enfants et sa merveilleuse maman Augustina au regard si triste et si doux à la fois... il va jusqu’à arroser le sol autour des trois chaises bancales qu’il a installées pour nous à l’ombre d’un immense arbre pour nous rafraîchir !

Petits pains maison offerts malicieusement par les mains ridées d’Augustina.
Graines échangées et riches partage de connaissances,
Joyeuse soirée, tous réunis sous le corredor, juste comme ça, pour passer du temps ensemble en profitant de la « fraîcheur » de la nuit...

Le lendemain, le doux regard d’Augustina scintille... «  jamais je n’aurai imaginé accueillir une telle rencontre dans ma maison ! »
Les larmes passent comme par magie de ses yeux aux nôtres...



dimanche 25 avril 2021

Notre chemin au Salvador... Hola Honduras !

Salvador : du 11 au 23 février 2019




Savoir-Faire acquis : 
- Pêcher en haute mer en barquette (Planter-Cueillir)
- Fabriquer un filet de pêche (Fabriquer)
- Coudre des semelles de chaussures (Se vêtir)


On a cueilli :  
Marañon,  noix de cajou, coton, mangues, cocos, piments,...

On a aimé : 
Le sourire de Ricardo, la jungle fruitière de Wilfredo, les pupusas aux légumes de Doris, les yeux brillants de gourmandise quand on offre à Doris et Wilfredo de sapotes noires du Mexique et choukis d’Inde (!), jouer dans les vagues du Pacifique, qu’il pleuve des mangues, les siestes dans les hamacs face au vagues, rencontrer trois joyeux québécois à la Perlita, pêcher en mer avec Augustin, dormir dans la musique des vagues, pédaler sous un vol de toucans, dormir sous les étoiles dans la moustiquaire attachée à 2 manguiers, un cocotier et un citronnier !, goûter des minutas, le jus frais de tamarins, le doux sourire de Paola,... et ses bananes frites !, la séance photo en famille où ça crie et gesticule dans tous les sens chez Mandi, les charrettes tirées par deux énormes buffles, observer de très près des oiseaux très colorés !

On a moins aimé : 
Ne pas y rester plus !



Une couleur : 
Blanc éblouissant 

Une odeur :
De la mer, des cannes (à sucre!) qui brûlent.

Un goût :
Varié des pupusas (tortillas épaisse fourrées de haricots et fromage ou petits légumes), très spécial du marañon.

Un son :
Des vagues fracassantes du Pacifique, des mangues qui pleuvent sur les toits en tôle !

Une sensation :
De joie, notamment dans les vagues


Retrouvez aussi notre sélection de photos au Salvador : 



Paysages, Faune, Flore - Salvador


Au Salvador, nous longeons de plus ou moins près la côte Pacifique...





Parfois nos pieds dans les vagues du Pacifique, accrochés aux massifs escarpés.
Plein de iode, vols de goélands... les marañon (fruits du cajou) diffusent leur odeur indescriptible.




Parfois seules nos têtes dépassent des champs de cannes à sucre à perte de vue.
Ça sent le caramel quand ils brûlent les cultures avant la récolte...

Parfois au pieds des volcans qui veillent...
Le décor est sec, les iguanes sont méfiants et les mangues mûrissent...







Rencontres et Savoir-Faire - Salvador


Mardi 12 février 2019, San Julien -Wilfredo, Doris et Keyli

Wilfredo nous accueille tout naturellement au cœur de son immense jardin-jungle fruité ! Bananes, cocos, mangues, marañon, baïnas...
Au frais dans les hamacs, le repos est ponctué au rythme des mangues qui pleuvent !
Doux, souriant et très attentif, Wilfredo nous fait découvrir des plantes médicinales locales, et l’échange de graines est un enthousiasme partagé !

Pieds nus sur la terre battue, nuages de moustiques au cœur de cette « jungle » humide, va et vient du hamac... et pupusas «  carotte ayote » : miam !



Mercredi 13 février 2019, La Perlita - Augustin et sa famille

Un petit coin de paradis au creux d’une crique escarpée sur le Pacifique...

Augustin, joyeux et enthousiaste, nous initie au tressage de filet de pêche, et emmène Pierre-Jean en mer pour ramener des thons tout frais ! La mise en mer des bateaux est un travail d'équipe : pousser, tirer, crier, installer les troncs pour faire rouler les barques, les déplacer... tout le village met la main à la pâte !
Yostin, rieur farceur de 5 ans, joue pieds nus avec Maëly, les vagues, les bouts de bois et les méduses sur la plage...

Paul, Daniel et Chantal... rencontre improbable qui nous téléporte au coin d’une cheminée québécoise, embaumée par l’odeur du sirop d'érable qui mijote, à regarder la neige fondre par la fenêtre de bois... est-ce la puissance de l’accent, la qualité du récit, ou la tendre spontanéité de ces grands enfants merveilleux... on s’y croirait !


Mercredi 20 février 2019, San Miguel - Marleni et sa famille

Une chaude après-midi, un environnement sec... il est parfois long et difficile de trouver un coin pour planter notre tente...
Dans ce village aux ombres rares et où les gens se terrent dans le frais de leurs maisons, nous finissons par rencontrer Marleni, qui nous ouvre un coin de son jardin... Mamie-nounou de Valentina (1 an), elle prend vite goût à échanger avec nous, et à nous couvrir d’attentions : douche extérieure  proposée (avec peigne tendu à travers le rideau !), parc à jeux partagé (youpi!),  tamales et pâtes à la crème savourés, boissons fraîches autour de chouettes discussions...
Et elle nous initie au minuta, dessert de glace pilée aromatisée au tamarin, carottes, coco... un régal original !



Vendredi 22 février 2019, Abores - Estefani et sa famille

Chaleur. Vente chaud. Cailloux qui craquent. Poussière qui vole.
Estefani nous invite au frais de son corredor (terrasse couverte).
Son énorme corps, encore si jeune, et auquel est vissé une bouteille de coca, va, vient et revient pour s’occuper avec joie et tendresse de nous... une vraie pipelette, curieuse de notre mode de vie !

Maëly joue avec Heilyn,
Nous partageons nos dernières pupusas,
Et un guêpier fier et coloré volette dans le jardin...








Instant de curiosité #11 - Salvador

 Face au Pacifique...


Vidéo en cours de chargement...

Sensations associées :
Toucher :  du sable entre les orteils
Odeur : de l’iode 
Goût : du sel sur la peau... 


vendredi 23 avril 2021

Entre absurdes, l’abracadabrant se comprend...

Respirez calmement.

Profondément.


Répétez cette action autant de fois que nécessaire pour revenir naturellement, à un état de sérénité.


Fermez les yeux.


Tentez, autant que possible, de vider votre esprit... de vous rapprocher de l’animal que vous êtes et avez toujours été.

Tentez de vous rapprocher de ces animaux sauvages que vous avez déjà pu observer... comme cette panthère qui assure délicatement chacun de ses pas, comme ce colibri qui observe sans cesse ce qui l’entoure, comme cette libellule qui reprend son envol lorsque vous vous approchez d’un peu trop près... Prédateurs comme prédatés, tous adoptent le même comportement.


L’Homme éduqué que vous êtes pourrait aisément les qualifier, du haut de ses gros godillots, de craintifs... pas du tout, eux, sont éveillés.


Tentez de sentir ce comportement et de vous en approcher...


Réveillez-vous...


Regardez autour de vous, par la fenêtre...


Tout ceci ne vous paraît-t-il pas désormais totalement absurde, abracadabrant ?...


Voilà ce que nous vivons maintenant depuis des années.

Ce sont sûrement les plus belles choses que vous apporte le voyage... lent, sur une longue durée, sur une longue distance...

Avancer vers un inconnu... en assurant délicatement chacun de vos pas, en observant sans cesse ce qui vous entoure, avant de reprendre votre envol... toujours un petit peu plus loin...

Avec cette sensation de vous éveiller... de vous réveiller, petit peu par petit peu...


Une question ne cesse désormais de tourner en rond dans nos têtes : comment le quotidien, l’habitude, la répétition, peuvent-ils nous faire supporter l’absurde, l’abracadabrant ?


Cette question nous nous la posons, de diverses manières, plusieurs fois par jour, ici en Bolivie, à quelques mètres de la frontière brésilienne... fermée, pour cause de pandémie mondiale.


Fermée, aux « étrangers » que nous sommes.

La précision est nécessaire pour relever l’absurde, l’abracadabrant, puisque le flot de véhicules passant d’un côté à l’autre est continu et ininterrompu depuis notre arrivée, il y a quelques jours...

Est-il nécessaire aussi de préciser, pour relever l’absurde, l’abracadabrant, que de tous ces véhicules, aucun ne subit de test, de désinfection, de contrôle sérieux, hormis une prise de température rapide des passagers ?...

Est-il nécessaire encore de préciser, pour relever l’absurde, l’abracadabrant, qu’en tant qu’étranger nous sommes autorisés à entrer, sans aucune difficulté, sur le territoire brésilien par avion ?...


Mais alors ?... si le voyage, lent, sur une longue durée, sur une longue distance, pourrait être une voie pour nous permettre de nous éveiller, de nous réveiller, est-ce que les états qui nous protègent ne chercheraient-ils pas à nous endormir, à nous abêtir, en nous interdisant de voyager par voies terrestres ?...


Avez-vous remarqué que ce sont ces mêmes états, qui ferment nos frontières terrestres, voire qui nous enferment purement et simplement chez nous pour nous protéger d’une pandémie mondiale, qui autorisent la vente de cigarettes ?


Est-il nécessaire de préciser, pour relever l’absurde, l’abracadabrant, que, selon l’OMS, « le tabac* fait plus de 8 millions de morts chaque année » ?


*note de l’auteur : le tabac tel qu’il est commercialisé, inondé d’adjuvants tous plus ou moins cancérigènes.


Avez-vous remarqué que ce sont toujours ces mêmes états protecteurs, qui autorisent la vente d’alcool ?


Est-il nécessaire de préciser, pour relever l’absurde, l’abracadabrant, que, selon l’OMS toujours, « l’abus d’alcool a entraîné en 2016 plus de 3 millions de décès, soit un décès sur 20 » ?


Avez-vous remarqué que ce sont toujours ces mêmes états protecteurs, qui produisent et distribuent les armes qui nous permettent de nous entretuer ?


Est-il nécessaire de préciser, pour relever l’absurde, l’abracadabrant, que, c’est à nous, pauvres peuples chauvins d’assumer les massacres, puisque tout ceci est, en grande partie, financé par l’argent public ?


Avez-vous remarqué que ce sont toujours ces mêmes états protecteurs, qui donnent leur aval pour que l’on déverse quotidiennement dans notre biosphère, des produits hautement toxiques ?


Est-il nécessaire de relever encore un peu plus l’absurde, l’abracadabrant ?


Respirez calmement.

Profondément.


D’ici quelques jours la durée que nous octroie notre visa de touriste bolivien se sera écoulé.

D’ici quelques jours donc, nous serons hors-la-loi... c’est la loi, celle qu’ont decidé nos chers états protecteurs...

Pourtant, selon l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État »...

De l’absurde, de l’abracadabrant... vous nous en direz tant.


Respirez calmement.

Profondément...

mercredi 10 mars 2021

Le temps, c’est comme une salchicha, on ne sait jamais trop ce qu’il y a dedans...

Et si le temps n’existait que grâce aux repères que l’on lui fixait ?

Et si nous pouvions organiser nos vies sans ces petites aiguilles ?

Et si notre mémoire pouvait retenir les évènements marquants de notre vie sans y associer une notion de temps, de durée ?...


Notre plus ancien repère sans aiguilles pourrait être le 1er avril 2014, partis au sac à dos, puis le 1er avril 2015, partis à vélo.

Depuis, nous sommes sur les routes.

Depuis, est née notre première fille, Maëly खुसी, dans le sud du Népal.

Depuis, est née notre deuxième fille, Naomi Quillasisa, dans le nord du Pérou.

Depuis, nous avons passés notre premier tour de planète à vélo, 40 075 kilomètres.

Depuis, notre carte bancaire a expiré et le voyage se réinvente...


Et puis... le temps s’est comme figé...

Il ne nous a pas paru à l’arrêt, mais nettement, très nettement ralenti...


La faute tout d’abord à une maladie qui s’est invitée dans notre petite famille. Une fatigue violente, immense et profonde, anéantissant tous nos coups de pedale...


La science pense avoir trouvé la faille, un virus, et l’a nommé « hépatite A ».

La science pense donc que c’est notre foie qui se fait attaquer.

Le Chaman du village, dans lequel nous nous sommes arrêtés pour nous remettre sur pied, travaille lui, sur notre pancréas.

Pour couper court à tout imaginaire pré-mâché, nous tenons à préciser ici, que notre Chaman n’avait ni grande robe, ni plume sur la tête... au contraire, il paraissait bien plus moderne que nous, avec sa montre et son smartphone... un peu comme si le temps qui passe avait pour lui une grande importance...

La science, elle, ne possède pas de remèdes pour soigner cette maladie.

Le Chaman, lui, a essayé. Avec ce qu’il pouvait bien sûr, avec ce qu’il lui restait bien sûr... il faut bien avouer que la société moderne, la religion et surtout, la science, auront tout fait pour éradiquer les savoirs accumulés, échanger, transmis, pendant des milliers d’années par ce type de personnages...


Point positif, et contrairement à la science, le Chaman, lui, n’aura pas essayé de nous soutirer de sous...

Point positif numéro 2, et c’est la science qui le dit elle même... contrairement au vaccin qu’aurait pu nous apporter la science, l’immunité naturelle que nous avons développés face à cette maladie nous protégera à vie ! A nous la liberté...


Et puis, comme si le temps ne voulait pas redémarrer tout de suite, nous nous sommes rapprochés de la frontière bolivienne...

Quelle histoire ! Jamais il ne nous aura paru tant difficile de passer une frontière...

De l’aveu même du Directeur du Ministère des Affaires Étrangères de Puno au Perou... « Il serait tout de même plus raisonnable de vous rendre en Bolivie par avion, un simple test PCR et le tour est joué ».

Quelle tristesse ! Encore une fois la notion de liberté en voyage à vélo nous aura paru toute relative...


Plusieurs semaines se seront écoulés afin d’obtenir ce fameux « ofició de migración » nous permettant de sortir du Pérou par voie terrestre.

Plusieurs heures se seront écoulés, afin que la frontière bolivienne, officiellement ouverte selon le décret 4410, ne nous autorise, légalement, à entrer sur le territoire de Bolivie...


Ce fut long, très long...

Heureusement, et comme souvent, le hasard ou le destin, encore une fois c’est selon, nous aura conduit à la bonne porte.

Ce long temps d’attente nous l’aurons passé aux côtés de Padre Vicente, un moine franciscain plutôt déluré et franchement génial ! De religion nous n’aurons pas discuté... comme il le dit si bien, mieux vaut savoir parfois éviter les sujets qui fâchent.

Padre Vicente est la joie et la bonne humeur d’une maison d’accueil pour migrants, Vénézuéliens dans l’immense majorité, par les temps qui courent.

Entre autres petites blagues, bons mots et précisions historiques, Padre Vicente est passionné par les plantes nourricières et par la terre... voilà un joli terrain d’entente pour les semaines que nous avions à patienter !

Nous participerons avec envie, plaisir et acharnement à la construction d’une immense serre potagère avec pour objectif complètement loufoque d’acclimater des espèces tropicales sur l’altiplano, à 4000m d’altitude, avec des températures qui descendent parfois à -15°C...

Des clous, un marteau, des pioches, des pelles et des idées, Merci Padre Vicente !


Quelle joie ! Encore une fois, le voyage nous aura amené à cette réflexion... « heureusement, il y aura toujours des fous pour égayer le monde dans le lequel s’est enfermé l’animal humain »


Nous sommes désormais en Bolivie.

Une bifurcation, un dernier col au dessus de 4500m et nous allons rejoindre l’Amazonie.

Après bientôt de deux ans à travers les montagnes andines, nous avons désormais envie de chaleur, de moustiques, de fruits frais et de ... laissons l’avenir nous le faire découvrir !

Toujours sans montre, smartphone ou gps, nous allons ainsi continuer de fabriquer notre temps à coup de pédale et d’évènements marquants...




Les Curieuses Échappées se remettent en route... encore une fois !

Suite à notre dernier message, « En route mauvaise troupe !... », que l’on pourrait renommer aujourd’hui « du lard ou du cochon... à qui sentira le moins bon ! », nous avions bien repris les chemins afin d’atteindre la Valle Escondido (la Vallée Cachée). Et puis, de prolongation en prolongation de « l’état d’urgence » au Pérou, nous y sommes restés, campant dans ce petit écrin de verdure.

Mais désormais, certains départements sont passés sous « quarantaine spécifique à l’âge », ce qui va nous permettre de nous remettre en route demain... 


Du vert, des fleurs, des papillons, des oiseaux et même un engoulevent, nous sommes bien ici !

Et puis... petit peu par petit peu, Naomi Quillasisa a déjà vécu 6 mois, l’âge de nous inviter à la contemplation... le ruisseau, les abeilles, le vent dans les feuilles, tout captive son attention, et la notre avec.

Mais que peut-elle bien penser ? Quelles sensations peuvent s’animer en elle et qu’est-elle en train de mémoriser ?...

Ce qu’elle semble préférer ce sont les fleurs. Elle est capable de les regarder pendant de très longues minutes. Pour elle, pas de préférence entre une rose, un pissenlit ou même la minuscule fleur du gaillet. Et dire que certaines sont même qualifiée d’insignifiantes par les botanistes. « Ceux-là ont oublié ce qu’était la Beauté de la Vie » semble-t-elle vouloir leur dire !


Ces longues heures à lui faire découvrir le monde qui l’entoure, nous ont aussi amenés à observer des vaches. Il faut dire que nous en sommes ici envahis !

Il est assez incroyable de constater l’immensité de surfaces consacrés à cet animal et l’énergie inimaginable déployée par nos « voisins de palier » pour l’entretien de leurs pâturages... Nous nous laissons souvent rêver à remplir ces espaces d’arbres fruitiers et autres semences nourricières : un éden juteux, croquant et diversifié !

Mais revenons-en à nos vaches... avez-vous déjà remarqué l’attitude quasi systématique qu’a cet animal qui, lorsqu’on lui offre un nouvel espace pour se nourrir, se rend au plus vite, tout en se remplissant la bouche au passage, au bout de son enclos ? Il glisse alors sa tête sous la clôture et étire sa langue de tout son long pour se saisir de l’herbe du voisin... quelles étranges manières, n’est-il pas ?

De deux choses l’une, soit l’herbe « d’à côté » est plus savoureuse et/ou plus nutritive, soit il existe dans le règne animal une composante de désobéissance...

A moins que cette composante ne soit liée à un syndrome de curiosité... ou un mélange des deux peut-être, allez savoir ?!


De même une question nous reste à élucider : y aurait-il, parmi vous, un lamarckien ou peut-être un darwiniste, convaincu et suffisamment convaincant, pour nous expliquer comment se fait-il, qu’après des centaines, voire des milliers d’années que l’on cultive des vaches qui s’étirent le cou sous des barbelés, celui ci n’ait pas grandit d’un seul centimètre ?

Franchement, il serait nettement plus drôle, pour nous, ici, d’avoir à observer des « gira-vache » !


De toute ces questions qu’est à même de se poser l’animal humain, certaines ont sûrement trouvés des réponses dans la science moderne. Cette science, qui ne pouvant que se baser sur des hypothèses simplificatrices afin de tenter d’expliquer la complexité de la Vie, nous aura certainement déjà fourni des réponses très approximatives, voire incorrectes, mais toujours affirmées avec tellement d’assurance que l’on serait tenté de les croire.

Si elle avait su, en toute modestie, évoluer dans le respect et pour le bénéfice de la Vie, alors nous marcherions encore avec elle. Mais elle est souvent allée trop loin, devenu trop toxique pour que nous lui portions désormais un quelconque intérêt.

Depuis des années maintenant, que nous tentons de nous rapprocher d’une vie simple, proche des racines naturelles qui nous animent, qu’on le veuille ou non, que l’on y croit ou non, nous avons décidé de nous détacher tant que possible, petit peu par petit peu, de cette science et des technologies qui en découlent... et, de ce fait, de nous rapprocher de notre ressenti...

Pour ce faire, et en guise de première étape afin de décontaminer nos cerveaux sérieusement pollués, nous nous sommes lancés un petit jeu !

Il y a bien longtemps que Les Curieuses Échappées ne vous avait pas proposé un petit jeu pour vous partager leurs découvertes ! Vous trouverez en pièce jointe notre premier essai. A vous maintenant de nous transmettre les votres... si l’expérience vous tente bien sûr !

Nous nous sommes amusés à représenter le monde naturel tel qu’il nous entoure, et tel que nous pourrions l’observer sans toutes ces connaissances, mais aussi fausses-connaissances, que nous ont apportés les sciences. Nous avons ensuite imaginé une symbolique, tel qu’on pu le faire les civilisations qui nous ont précédés, en tentant de faire abstractions de toutes ces images modernes qui se sont incrustées dans nos cerveaux.




L’intention n’est surtout pas de créer une nouvelle croyance, une religion de plus ou un blasphème de moins, mais uniquement de tenter de se détacher de cette civilisation qui nous semble atteindre sa fin et de nous rapprocher encore un peu plus de notre nature même.

Celle qui nous apporte joie, plénitude et satisfaction !


Mais revenons-en, si vous le voulez bien, à nos vaches. Celles qui ne peuvent s’empêcher, pour l’on ne sait quelles raisons, d’aller voir plus loin. N’y aurait-il pas quelque chose à apprendre de cet animal, devenu si commun, sur notre nature même ?


Maëly Khusi, elle, les vaches, elle s’en est lassée et préfère aller s’inventer des histoires les pieds et les mains dans la terre. A croire que l’euphorie de la découverte s’estompe peu à peu et qu’elle nous invite à aller voir plus loin afin de stimuler de nouveau nos sensations, notre cerveau, notre mémoire, etc...

Maëly Khusi a bientôt 3 ans et demi, et à cet âge là, nous direz-vous, la mémoire est une véritable éponge : elle s’imprègne de tout ce qui l’entoure.

Il y avait bien longtemps que l’on avait pas trouvé ce fruit au village d’à côté : le lucuma, une variété de sapote jaune. Lorsque nous l’avons présenté comme surprise à Maëly Khusi, ses yeux, et même tout son être, semblait remplit d’émerveillement, de curiosité, d’envie de l’ouvrir pour voir ce qu’il y a dedans, pour le goûter... un mélange de tout cela à la fois, et sûrement bien plus encore, mais sans pour autant reconnaître ce fruit qu’elle avait déjà goûté plusieurs mois auparavant. Et puis, par instinct animal sûrement, elle l’a porté à son nez... « lucuma !!! » s’est-elle écriée, les yeux, le corps et tout son être sur-animés à l’idée de retrouver ce fruit si savoureux, à la texture particulière et au « noyau rigolo » !...


Nous allons donc bientôt reprendre la route, pour aller voir plus loin...

Pour que les filles continuent de s’émerveiller devant la diversité et la beauté de la Vie qui anime cette planète, sur laquelle elles sont nées, chacune à un bout. Pour nous aussi, pour que nous continuions, encore et toujours, à apprendre à nous servir de nos mains, découvrir de nouveaux outils et de nouvelles techniques... 


On vous souhaite beaucoup de plaisir, de petites et de grandes sensations, de la joie, de la bonne humeur, et même bien plus encore !

En attendant, avec une certaine impatience, de lire de vos nouvelles !